Laure Babin

Interview : Laure Babin, créatrice des baskets en... raisin recyclé !

Laure Babin rêvait d’une nouvelle basket qui réconcilie mode et environnement, entièrement recyclée. L’étudiante bordelaise lance, à 23 ans seulement, Zèta, une marque de sneakers tendance 100% upcyclées, extérieurs cuir... de raisin !

Qu’est-ce qui vous prédestinait à créer une marque de baskets ?

Quand j’étais plus jeune, je voulais être styliste donc j’ai toujours fait beaucoup de dessin tout en m’intéressant de très près à la mode. J’ai poursuivi dans la voie du marketing, mais j’ai fait tous mes stages dans le secteur du textile et de la chaussure. Grâce à tous ces stages, je me suis dit que j’avais envie de contribuer à faire de la basket - un produit qui est porté par une grande majorité de Français tous âges confondus et que j’adore - un produit beaucoup plus écologique, qui soit respectueux de l’environnement et respectueux des Hommes.

Pourquoi "Zèta" ?

Zèta c’est un dérivé de la fonction zéro en mathématiques, c’est aussi la lettre grecque pour zéro, zéro pour zéro déchet.

Comment est née votre démarche de vouloir réconcilier mode et environnement ?

J’ai grandi à la campagne, au milieu des champs, donc j’ai toujours été sensibilisée à l’environnement, au développement durable, à l’importance du recyclage. Il y a 3 ans, j’ai fait un stage au Cambodge. C’est un pays dans lequel il n’y a pas de recyclage, pas de tri des déchets, on utilise le plastique à foison, tout est jeté dans les rues. J’ai eu le déclic à ce moment-là, ça m’a fait réfléchir sur ce trop-plein de déchets.

Les chaussures de Laure Babin
Les chaussures de Laure Babin

De retour en France, même si j’ai toujours privilégié une consommation raisonnée, j’ai changé mes habitudes de consommation. Puis, je me suis dit qu’il fallait agir dans le milieu de la mode et je me suis demandée si on ne pourrait pas créer une paire de baskets sans création de matières premières mais en utilisant uniquement des matières en fin de vie.

J’ai commencé à travailler sur Zèta à l’été 2019. Nous avons lancé une campagne de crowdfunding pour financer leur fabrication qui a eu beaucoup de succès. On imaginait 200 à 300 commandes, nous en avons reçu 2 683, c’est énorme ! L’atelier est en train de produire ces paires, puis s’attaquera à la production qui constituera le stock de notre e-shop.

Qui sont aujourd’hui ceux qui veulent porter des baskets zéro déchets ?

C’est ça qui est rigolo, avant de lancer la campagne, j’avais une idée assez précise de la cible, des jeunes majoritairement de 20 à 35 ans. Mais pendant la campagne, j’ai reçu plein de messages, de jeunes, d’ados mais également de retraités, de grands-parents. Un monsieur m’a écrit pour me dire qu’il en avait commandé pour toute la famille, des petits enfants aux grands-parents !

C’est assez réjouissant de voir que ça a touché des personnes de tous âges, et à la fois des personnes qui étaient déjà sensibles à l’environnement comme celles qui ne l’étaient pas.

Est-ce un obstacle d’être étudiante lorsqu’on se lance dans l’entreprenariat ?

Je dois dire que mon projet a été plutôt bien accueilli. Le fait d’être étudiante et de mener à bien un projet entrepreneurial, ça se voit de plus en plus. Les craintes venaient plus de mon entourage qui m’imaginait suivre un parcours plus classique : trouver un travail, décrocher un CDI, acquérir de l’expérience et me lancer après.

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour l’année à venir ?

De développer encore plein de nouveaux produits, de réussir à agrandir la communauté et à sensibiliser plus de personnes et embarquer tout le monde dans l’aventure Zèta ! Aujourd’hui, on propose un modèle mixte décliné en 5 coloris, mais on a déjà dessiné d’autres modèles qui vont sortir très prochainement, dont le modèle tout noir.

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