Hugo Meunier

Interview : Hugo Meunier, fondateur de "Merci Raymond"

Reconnecter les citadins à la nature, telle est la mission que s’est donné Hugo Meunier en fondant "Merci Raymond", une start-up engagée qui mène des actions de revégétalisation des espaces urbains. Retour sur le parcours de ce rat des champs devenu rat des villes.

C’est en entendant parler de ces potagers qui poussent sur les toits de New York et des tomates made in Brooklyn que l’idée germe de rejoindre la révolution verte. Hugo Meunier décide alors de fonder Merci Raymond pour reconnecter les citadins à la nature. Cet entrepreneur à la main verte se met ainsi à végétaliser l’intérieur de nos bureaux, restaurants, appartements, de développer l’agriculture urbaine avec des fermes sur les toits ou encore de créer des espaces de biodiversité et de rafraichissement urbain qui vont permettre de baisser la température des villes. Cinq ans plus tard, Merci Raymond a bien poussé, parsemant la ville de ses petites touches de vert.

Tic Time : Vous vous êtes Hugo, il y a aussi Antoine, Guillaume et Mathilde. Mais alors Raymond c’est qui dans tout ça ?

Hugo Meunier : Raymond c’est mon grand-père ! Il était agriculteur dans le sud-ouest et il m’a transmis cette passion pour la nature que moi j’ai voulu introduire dans les villes. J’ai grandi à la campagne et quand je me suis installé à Paris, j’ai ressenti ce manque de nature. Mais on se dit que c’est comme ça, il faut s’adapter, rentrer dans le moule, et en même temps pourquoi ne pas faire changer les choses ? 

On se dit que c’est comme ça, il faut s’adapter, rentrer dans le moule, et en même temps pourquoi ne pas faire changer les choses ?

Et en même temps, ce qui me plaisait dans la ville c’était de pouvoir être hyperactif, d’avoir accès à la culture et à plein de choses assez simplement, de pouvoir tout faire à pied ou à vélo. C’était assez contradictoire, et je me suis dit pourquoi ne pas réfléchir à travailler pour améliorer cette ville en y intégrant les valeurs de là où j’ai grandi, de la campagne, de la nature. J’avais un ami qui revenait de New York et qui me parlait de ces fermes sur des toits potagers où on pouvait manger des tomates de Brooklyn, je trouvais ça plutôt cool. Tous ces éléments-là ont fait que j’ai commencé à monter Merci Raymond. Antoine m’a rejoint, puis Guillaume et Mathilde et aujourd’hui on est plein de personnes motivées pour remettre le végétal à sa place dans la ville.

Quel rapport les citadins entretiennent-ils avec la nature ?

C’est un rapport humain, cette bouffée de nature elle est essentielle à presque tout le monde parce que beaucoup de personnes qui n’ont pas grandi à la campagne ressentent aussi ce besoin, et ça s’est accentué pendant le confinement.

Merci Raymond
Merci Raymond

À quoi ressemblerait la ville de demain selon vous ?

Pour moi ce serait une ville citoyenne dans laquelle chacun s’impliquerait à son échelle, en bas de chez soi, dans sa copropriété, sur son balcon, dans son appartement, dans son bureau. Ce serait une ville qui laisserait des espaces disponibles pour accueillir de la nature, des espaces communs axés sur l’intérêt général puisqu’aujourd’hui avoir de la nature en ville cela bénéficie à tous : cela contribue à améliorer la qualité de l’air, à rafraichir, à créer du lien social ou même à limiter le nombre de métaux lourds. C’est un travail commun entre la collectivité, les élus, les architectes, les associations de quartiers, les copropriétés… qui ne voient pas seulement un cout mais des bénéfices.

Qu’est-ce que chacun peut faire à son échelle pour rejoindre la révolution verte ?

On peut planter chez soi et sur son balcon, faire une demande de permis de végétaliser, demander à son RH d’installer un potager dans son bureau, soutenir des initiatives d’agriculture urbaine ou périurbaine, acheter chez des producteurs locaux quand on fait son marché…

Quel serait le lieu le plus fou que vous rêveriez de végétaliser ?

Symboliquement, ce serait intéressant d’aller sur des espaces comme le Trocadéro, qui sont finalement des terrasses très minéralisées, pourquoi ne pas en faire un très beau jardin ? Les dalles béton c’est peut-être quelque chose d’un autre temps, aujourd’hui il faut penser reconnexion à la nature.

Tic tac certified

Pendant le confinement, Merci Raymond a même proposé un "hôpital des plantes" afin de s'occuper des plantes délaissées dans les bureaux et commerces fermés.

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