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À Lyon, la street-artiste Cal réenchante la ville

Bourrées d’humour et de poésie, les créations de l’artiste lyonnaise Cal peuplent les murs de la capitale des Gaules et prennent vie au détour d’un trottoir. Découvrez l'imagination débordante de cette artiste résolument urbaine !

Si on avait dit à cette artiste lyonnaise quand elle était enfant qu’elle deviendrait street-artiste, elle n’aurait probablement pas trouvé cela trop étonnant. Cal, diminutif de son surnom, le confesse, elle a toujours dessiné un peu partout, avec une prédilection pour les tables d’école. Au lycée, son prof de maths lui promet la moyenne si elle dessine sur du papier et non plus sur les tables ! "Du coup, je faisais mes dessins sur une feuille et j’avais 10 en maths, c’était cool !" s’amuse-t-elle.

Artiste complètement autodidacte, l’idée de faire une école d’art ne lui est pourtant jamais venue à l’idée. "Je n’aurais jamais pensé en faire un métier, d’ailleurs pour moi ce n’est pas un métier, ça reste une passion" avoue cette ancienne prof de Français Langue Étrangère qui après avoir habité aux quatre coins du monde décide de poser ses valises et sa petite famille à Lyon, sa ville natale, et de ressortir ses pinceaux.

Cal se lance dans la peinture et expose ses toiles dans des galeries jusqu’à ce que ses joyeuses pitreries la rattrapent ! "Il y a 5 ans, j’étais en vacances et je ne sais pas ce qui m’a pris, il y avait une ligne sur un mur qui m’a fait penser au dessin animé italien La Linéa, j’ai fait un tout petit dessin, un petit bonhomme que j’ai pris en photo. En fait, ça m’a éclaté et en rentrant de vacances, j’ai lâché les pinceaux et l’atelier et je suis partie me balader dans les rues. Depuis, je n’ai jamais arrêté" confie-t-elle.

Les premiers pas d’une street-artiste

 

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Alors qu’elle ne s’intéressait absolument pas au street art, Cal commence à regarder les éléments qui l’entourent d’une autre façon, comme elle l’avait toujours fait étant enfant avec les nuages ou les vitres embuées : "la paréidolie, c’est infini, je vois tout le temps quelque chose qui me fait penser à autre chose. C’est trop marrant de regarder la rue autrement, sans passer à 100 km/h, d’observer les petits détails et de jouer à « on dirait »". Un jour, Cal tombe sur tous ces sacs verts remplis de feuilles mortes, "ça m’a sauté aux yeux, je me suis dit on est dans Picsou et les Rapetous qui vont arriver ! Je suis revenue le lendemain avec un marqueur bien épais, j’ai bien dû faire 150 sacs pendant au moins deux heures, mais je me suis tellement marrée ! Les passants s’arrêtaient, ils rigolaient, me disaient je vais en voler ! Je me suis vraiment amusée à faire ça".

Pour ne jamais manquer une occasion de détourner un panneau, un mur fissuré ou un bout de gouttière, la street-artiste sort toujours, et elle insiste sur le toujours, avec son sac à dos dans lequel elle trimballe marqueurs, craies, dessins, colle et pinceau. "Dans mon sac à dos, il y a plein de petits dessins à coller si je trouve le trou idéal ou la faille idéale, le petit bout de murs où ça ira bien" explique Cal. Aujourd’hui, la rue est devenue son support, son terrain de jeu, "j’ai changé de support mais je n’ai pas arrêté la peinture classique" explique-t-elle "C’est un peu comme si lire un livre, c’était la peinture et lire une BD, c’était faire mes petits délires, ce sont deux supports complètement différents. Mais j’ai tellement besoin de ces instants d’amusement. "

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Un concentré d’humour et de poésie

Pour décrire ses créations urbaines, Cal préfère parler de petits clins d’œil discrets que d’œuvres d’art. Des petites facéties inspirées de sa vie quotidienne. Au fil des saison, elle joue avec les feuilles à l’automne, avec des fleurs au printemps ou met en scène des petits skieurs l’hiver, sans oublier les animaux, eux aussi très souvent mis en scène. "Tous les jours quand je me balade, je croise des tonnes de pigeons, les pigeons ça me fait marrer et puis il y en a dans toutes les villes du monde. J’aime bien aussi dessiner les escargots, les araignées, en fait j’aime bien les mal-aimés !". Fan de BD, de Boule et Bill à Lucky Luke en passant par Marsupilami, de littérature, de mangas, de dessins animés, de pubs… Cal se délecte de la culture pop "un peu comme une éponge, j’absorbe tout et il y a des choses qui ressortent. Tout m’inspire en fait, c’est terrible !".

Pour donner naissance à cet univers aussi créatif que ludique, drôle et poétique, Cal a surtout su garder son âme d’enfant, la petite fille qui s’amusait déjà dans la salle d’attente du dentiste à redessiner à la gomme des yeux rigolos sur les photos des magazines, n’est jamais très loin. L’artiste est incorrigible, elle s’amuse de tout, tout le temps "Je le fais d’abord pour moi, et si ça fait marrer les gens au passage, que sur le chemin du métro ils tombent nez à nez avec un petit truc et que ça les fait sourire ou que ça les surprend, bien sûr je suis contente." conclut-elle avec un sourire.

Merci à Cal pour son dessin avec des boîtes de Tic Tac !

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